PORTRAITS CROISÉS. Indispensables au Festival Lumière, les près de 800 bénévoles ont des motivations bien différentes. L’Écornifleur a rencontré deux d’entre eux, une étudiante et une retraitée.

Un bénévole en mission d’accueil au Village Cinéma. Photo : Diana Barthélemy Rivas

On les repère à leurs tee-shirts rouges, toujours prêts à renseigner et orienter le public. Ils et elles sont 792 bénévoles cette année, réparti.es dans tous les lieux partenaires du Festival Lumière, notamment au Village Cinéma situé au Grand Hôtel-Dieu. Leurs missions sont variées et indispensables : « On sent qu’on a besoin de nous. Sans les bénévoles, le festival ne se passerait pas de la même façon », souligne Sylvie, 61 ans, retraitée depuis un an. L’esprit d’équipe est tout aussi marqué : « Entre bénévoles, on se soutient. Il y a une jolie cohésion entre nous », confie Olivia, 19 ans, étudiante en management de la culture.

Au contact des festivalier.ères

Pour Olivia comme pour Sylvie, le cœur de l’expérience a été le contact avec le public.

Olivia a découvert cette dimension en deux temps : au bar le week-end et à l’accueil des accrédités en semaine. L’étudiante a appris à tenir le rythme derrière le comptoir, toujours au contact de la clientèle. Ce poste a permis des rencontres marquantes : « J’ai servi un espresso à Grégory Doucet », glisse-t-elle en riant. À l’accueil, l’exercice était différent : un rôle de vitrine du festival, en première ligne face au public. « Je devais renvoyer une image et faire face à des gens accrédités, professionnels », explique la jeune femme.

Le public était la raison de la candidature de Sylvie : « Ce que je suis venue chercher, c’est la rencontre avec les autres », souligne la retraitée. Elle a multiplié les missions : vente de DVD à la boutique, accueil des festivalier.ères, gestion des flux dans les cinémas. Son poste préféré reste l’accueil : « Je me suis fait plaisir à orienter, renseigner, discuter », résume-t-elle. Elle aime voir la conversation s’engager avec des festivalier.ères, et saisit chaque opportunité pour échanger avec eux.

Un pas dans l’avenir, un autre dans le passé

Derrière ce goût commun pour le contact humain, l’expérience ne représente pas la même chose pour l’une et pour l’autre.

Aux yeux d’Olivia, c’est avant tout une porte d’entrée dans le monde professionnel : « Ça m’ouvre des portes et ça me permet d’avoir des contacts qui me serviront plus tard. » Au sein de l’équipe, elle est entourée de métiers qui l’intéressent, comme celui de chargée de production, dont elle a pu observer le travail de près. L’étudiante veut travailler dans l’événementiel, notamment dans les festivals de musique, et voit donc dans cette mission une occasion rare de découvrir ce milieu de l’intérieur : « C’était une opportunité folle », confie-t-elle. Elle y a vu les rouages d’un festival, ce qui a confirmé son envie de travailler dans ce milieu, et compte valoriser cette expérience sur son CV. 

Du côté de Sylvie, l’enjeu est tout autre : il ne s’agit pas de préparer l’avenir, mais de prolonger ce qu’elle a déjà fait. Elle a toujours exercé des métiers en lien avec le public : « Ce qui m’a animée tout au long de ma vie, c’est le contact avec le public. » Pour elle, cette expérience est une poursuite de sa carrière. Le bénévolat lui offre aussi un cadre : « C’est l’opportunité de continuer d’avoir du lien social et un rythme », explique-t-elle. Après la « vraie rupture » que représente le passage à la retraite, elle y retrouve des horaires, des consignes et une équipe : des repères de sa vie active qui constituent un véritable moteur pour elle. Et puis, ajoute Sylvie, « c’est enrichissant de donner son temps. Je veux continuer de me sentir utile à la retraite. »

Toutes deux ont apprécié l’expérience, mais Olivia ne pense pas revenir l’année prochaine et préfère maintenant s’orienter vers d’autres évènements, se rapprochant plus de son projet professionnel. Sylvie, elle, s’y revoit déjà : « Je serai là pendant tout le festival l’année prochaine. Ça m’a complètement motivée ! »



  • Diana

    “Je suis chill.” Tel est le premier aspect de sa personnalité qu’elle évoque. Derrière ses faux-semblants de conventionnalité, elle dissimule des idéaux qui lui sont chers. Descendante d’immigrés qui ont fui le Venezuela, entre familles déchirées et camps de rétention, elle veut faire des injustices subies par les migrants son cheval de bataille. Un combat qu'elle compte mener à travers le cinéma et le journalisme.

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