REPORTAGE. En cette semaine du Festival Lumière où le cinéma imprègne la métropole lyonnaise, L’Écornifleur a poussé la porte du musée Cinéma et Miniature situé dans le Vieux Lyon. 

Une grande porte en bois qui descend vers les souterrains du musée. C’est en ayant l’impression de pénétrer dans un cachot que la visite commence. À peine arrivé en bas, l’atmosphère est installée : une musique inquiétante résonne et une odeur de fleurs embaume l’espace. Le ou la visiteur.euse est plongé.e dans le film Le Parfum, histoire d’un meurtrier, réalisé par Tom Tykwer en 2006. Sur la gauche, on peut voir l’atelier de Grenouille, parfumeur et assassin du film.
Tout y est : l’alambic, la table pleine de fioles, les tonneaux, le panier rempli de pétales de fleurs roses, les bougies à la lumière faiblarde. Une visiteuse lance : « J’avoue ça fait peur. » On aperçoit aussi le personnage de Grenouille reconstitué, attelé à la concoction d’un nouveau parfum… à l’essence d’une nouvelle victime. Six mois de fabrication ont été nécessaires à la réalisation des décors du film. Le réalisme du matériel de parfumerie du XVIIIe siècle est dû au prêt de documents de référence par le musée du Parfum de Grasse. Une visiteuse venue en famille a apprécié « l’immersion dans l’atmosphère ». « On est plongé dans l’ambiance et ça donne plus de sens », ajoute-t-elle.
Un large panel de décors et de costumes
Changement de décor en passant devant la Ford Anglia de Harry Potter et la Batmobile Lego. C’est un des rares éléments du musée ne provenant pas de dons mais d’une vente privée, et elle est exposée dans le cadre d’un événement organisé en partenariat avec Warner Bros. On entre dans la salle suivante par une armoire dans le style de Narnia. Des plantes tombent du plafond, d’autres poussent du sol, l’espace est parsemé de roches, d’arbres, de lanternes. Puis, dans les salles suivantes, on passe de l’univers de Beetlejuice à celui de Wes Anderson. Et entre les deux, on trouve des salles fermées aux enfants, car présentant des éléments d’horreur : la poupée de Chucky, le masque de Scream ou encore un animatronique de la Reine Alien, bougeant pattes et mâchoires.

Dans une autre pièce, on peut voir des masques et prothèses, comme The Mask ou la main d’Edward aux Mains d’Argent. Ce membre est d’ailleurs l’élément préféré de Maxime Balestra, responsable du pôle visiteurs du musée : « C’est un film que je regardais tous les week-ends quand j’étais petit. Du coup, il y a ce rapport un peu nostalgique quand je vois cette œuvre-là. » D’autres salles exposent un train Wonka, un Gremlin, le casque de Dark Vador et le manteau d’oncle Fétide de La Famille Addams, devant lequel une enfant lance à sa sœur : « C’est Voldemort ! »
« C’est un monde époustouflant la miniature »
Le dernier étage nous emporte dans le monde de la miniature. Les visiteur.euses s’extasient devant les miniatures présentées : « Nan mais regarde, on dirait des chocolats la bibliothèque » ; « T’as vu comment c’est minutieux ? À la pince à épiler quoi ». On se voit pénétrer chaque univers : l’escalier un peu délabré qui tombe en morceaux, la chambre en bazar avec des cartes, des journaux, une brosse au sol.

Tahia, la tante des deux petites filles citées plus haut, fait de l’art du papier. Cette partie du musée est donc une des raisons principales de sa visite. « C’est un monde époustouflant, la miniature », affirme-t-elle. L’une des filles dit à sa mère : « Avec Tahia on va faire un grand village, maman ! » Ce dernier étage est donc source d’inspiration pour certain.es visiteur.euses. Il s’agit d’ailleurs de la salle que toute la famille a préférée, sauf la petite Charlotte qui a préféré « les trucs Harry Potter ». Une autre visiteuse confirme ce sentiment : « Les miniatures m’ont le plus plu. »

Dernier espace, la salle temporaire sur le « Matte Painting ». Maxime explique : « C’est l’ancêtre des fonds verts. Avant qu’il n’y ait les ordinateurs et qu’on puisse remplacer la couleur verte par n’importe quel décor numérique, l’industrie du cinéma employait des gens pour peindre des toiles à la main qu’ils incrustaient ensuite sur l’impression, sur la pellicule. » Cette technique a complètement disparu, d’où l’idée de cette exposition selon Maxime : « Pour que les gens puissent voir comment c’était fait quand il n’y avait pas de numérique. » Le musée sort donc certaines œuvres de la réserve pour les expositions temporaires ; 90 % des possessions du musée ne sont, en fait, pas exposées. L’équipe d’accueil participe d’ailleurs au dépoussiérage et à la restauration des œuvres. « Tout le monde met la main à la pâte », affirme Maxime.
En sortant, la grand-mère des petites filles lance : « Tous ces films, ça nous a un peu bercés », confirmant les propos de Maxime : « Je pense que dans un musée comme le nôtre, il y a aussi ce lien intime, parce que ce sont des films qu’on a vus, ce sont des films avec lesquels on a grandi. »
