REPORTAGE. Pour la première fois en 18 éditions, le Festival Lumière délocalise son village cinéma, lieu épicentre du festival. Au revoir à la petite Rue du Premier Film du 8e arrondissement, place à l’imposant Hôtel-Dieu en plein cœur de la Presqu’île. L’Écornifleur a exploré ce nouveau lieu qui pourrait bien devenir un nouvel incontournable du festival. 

Le village cinéma installé au premier étage de la Cité de la Métropole de Lyon. Photo d’Oriane MOULIN

En plein week-end de braderie au cœur du 2e arrondissement de Lyon, les petites affiches du Festival Lumière à l’effigie des frères Coen se font tout de même remarquer à l’entrée du Grand Hôtel-Dieu. Après avoir traversé les cours successives, le village cinéma se montre enfin, à l’intérieur de la Cité de la Métropole de Lyon. Murs rouges, visages des frères Coen déclinés à l’infini sur des posters, des tasses ou des pulls. En ce jour d’inauguration, on aperçoit aussi Thierry Frémaux saluant chaleureusement Grégory Doucet. Pas de doute, c’est bien là !

L’Institut Lumière a chargé sa fidèle décoratrice et architecte depuis dix ans, Ariane Loncle, de faire de ce lieu emblématique des Lyonnais une nouvelle maison pour le festival.

Un défi pas forcément évident à relever. Avec une architecture aux antipodes de l’ambiance intimiste du lieu originel, les équipes ont dû s’adapter : « Ici, on a une hauteur sous plafond de sept mètres, donc une acoustique différente. Et puis, on ne peut rien fixer aux murs », explique l’architecte avant de poursuivre : « C’était un véritable challenge ! On a réussi à faire un village qui réunit. Un vrai lieu de vie et de rencontres », se félicite-t-elle.

Un nouveau quartier qui fait débat

Suzanne en est à sa 11e édition du festival en tant que bénévole à la boutique. Après une carrière au ministère des Finances, elle se lance dans cette aventure festive et cinéphile avec sa meilleure amie. L’installation du festival à l’Hôtel-Dieu, elle le voit d’un œil enthousiaste : « C’est un très beau bâtiment. Et puis, il faut dire qu’il y a beaucoup d’hôtels autour et de transports en commun, donc ça doit être plus pratique. » 

Elle qui place la satisfaction des festivaliers au premier plan, elle est assez confiante quant à la réception de ce changement de lieu par le public : « Beaucoup de gens se sont plaints du manque de places, notamment dans la boutique Rue du Premier Film. Elle est plus étroite et je crois même qu’il y a moins de DVD, c’est sûr qu’on a plus de place ici. » Et de la place, il y en a effectivement ! Le village s’étend sur plus de 2 000 m² répartis sur 4 niveaux.

« C’est quand même dommage que ça ne soit plus dans le lieu historique » 

Vente de DVD et de Blu-Ray au Village Cinéma. Photo d’Oriane MOULIN

Seul bémol à noter pour Marie, festivalière depuis 2 ans : le départ du quartier où le cinéma est né. Inscrite à plusieurs séances de cinéma prévues la semaine prochaine, la jeune femme reste mitigée sur les nouveautés logistiques : « C’est vrai que l’endroit est très joli, mais c’est quand même dommage que ça ne soit plus dans le lieu historique de la naissance du cinéma », confie-t-elle tout en farfouillant les bacs remplis de DVD exposés. Sur ce point, la bénévole chargée de la boutique rejoint Marie : « Il y a des méfiants vis-à-vis de ce nouveau lieu parce que le 8e, c’est tout de même le berceau du cinéma. »

C’est pourquoi l’Institut Lumière a décidé de maintenir un lien avec la Villa de la famille Lumière et la Rue du Premier Film. Les festivaliers peuvent y retrouver deux bars, la librairie, les salles de cinéma et le Mur des Cinéastes, autrement surnommé le Walk of Fame français. Pour le reste, rendez-vous sur la Presqu’île pour les autres temps forts du festival, comme, par exemple, le Marché International du Film Classique.

Le village cinéma est ouvert à tous et gratuitement de 10h30 à 22h, du 10 au 18 octobre. 

  • Elle a parcouru l’Amérique du Nord et parle un peu russe. Passionnée de guerre froide ? Raté : sa nostalgie s’arrête aux années 2000. Dans ses vêtements comme dans ses articles, elle cherche l’originalité. Son journalisme, elle le veut utile, indépendant et hors des sentiers battus - une manière pour elle de continuer à voyager.

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