ENQUÊTE. Plusieurs semaines avant le début du Festival Lumière, les hôtels voient déjà les réservations arriver. Entre tarifs qui s’envolent et chambres complètes parfois des mois à l’avance, l’événement est devenu un rendez-vous stratégique pour l’hôtellerie lyonnaise.

Dans le hall du Sofitel Lyon Bellecour, Barbara Tixier, la directrice communication de l’hôtel, en est convaincue : « Le festival Lumière crée une émulation importante dans le monde de l’hôtellerie ». Cette année, avec le Village Cinéma installé au Grand Hôtel-Dieu, l’établissement se trouve plus près encore du cœur du festival.
Contrairement au reste de l’année, où la réservation de dernière minute, le last minute, est privilégiée par la clientèle, ce mode de consommation est mis à l’épreuve pendant la période du festival.
« Pendant le festival, si les gens veulent des chambres, ils doivent s’y prendre à l’avance, sinon ils n’auront pas de place », confie l’employée d’une auberge de jeunesse située dans le 2e arrondissement de Lyon. Ce constat est appuyé par des chiffres : au 26 septembre, l’hôtel comptabilisait déjà un taux d’occupation de 70 % le soir de la cérémonie de clôture, qui se tiendra le 18 octobre. « C’est très rare d’avoir un taux aussi élevé un mois avant », confirme-t-elle.
Le Sofitel ne tarde pas non plus à afficher complet : « On sait qu’on le sera des semaines à l’avance. C’est un événement stratégique pour notre hôtel », explique Barbara Tixier. Les demandes affluent dès trois semaines avant le début du festival, et l’établissement se remplit vite, comme chaque année.
« On finit tout le temps complet sur cette période-là », indique Carla Goncalves, directrice de l’hôtel Le Lumière, situé dans le 8e arrondissement. Chez eux aussi, les réservations, notamment pour les derniers soirs, arrivent des semaines en avance, un phénomène anticipé tous les ans sur le calendrier.
Face à la forte affluence, une hausse des tarifs
Forcément, cette semaine-là, les prix flambent. « On va pouvoir vendre un peu plus cher car on aura plus de demandes », confirme Carla Goncalves. Au Lumière, la chambre passe ainsi de 175 à 225 euros en semaine, et de 95 à 125 euros le week-end, un tarif indiqué comme événementiel.
Ce dispositif de tarification dynamique, calqué sur la loi de l’offre et de la demande, est adopté par tous les hôtels. « On sait déjà qu’on aura une forte demande donc on s’adapte », indique-t-on au Sofitel, où les tarifs augmentent d’au moins 30 %, dès trois semaines avant le début du festival.
« Comme on a une meilleure tarification, c’est la période la plus fructueuse », explique l’employée de l’auberge de jeunesse : les chambres doubles, entre 80 et 120 euros d’ordinaire, passent entre 120 et 180 euros ; les dortoirs grimpent jusqu’à 35 euros contre 20 habituellement.
Une clientèle singulière et des paparazzis
Si pour certains hôtels l’affluence atteint des niveaux inédits, d’autres peinent à isoler un effet spécifique au festival au milieu d’une activité déjà soutenue. Le Sofitel affiche ainsi une fréquentation élevée les mois suivant la rentrée : il est presque toujours complet. Le festival ne se traduit alors pas toujours par une hausse de la clientèle, mais par la singularité de celle-ci. En effet, le cinq étoiles accueille plusieurs grands noms du cinéma pendant la période : Quentin Tarantino, Monica Bellucci…« On a beaucoup de célébrités pendant le festival, plus que pendant n’importe quelle autre période », confie Barbara Tixier. Cela crée une effervescence à l’extérieur de l’hôtel : les paparazzis s’y massent pendant toute la durée de l’événement.
Pour d’autres, la clientèle est internationale : au Lumière, les réservations venues des États-Unis se multiplient pendant la semaine du festival : « On n’en a pas du tout autant d’habitude ». La proximité avec l’Institut Lumière attire aussi des professionnels du cinéma : l’hôtel reçoit chaque année des caméramans et des techniciens, mobilisés pour l’organisation.
« C’est le même résultat pour tous les hôtels, que ce soit une auberge ou un cinq étoiles. Tout le monde s’y prépare de la même façon », résume l’employée de l’auberge de jeunesse.
