PORTRAIT. Invitée du Festival Lumière, Agnès Jaoui et son œuvre cinématographique seront célébrées tout au long de la semaine, et particulièrement lors d’une soirée dédiée, le 12 octobre. L’occasion de revenir sur des anecdotes et passages de sa vie que vous ne connaissez peut-être pas !

Récompensée à Cannes, aux César et aux Molières et invitée du Festival Lumière, on pourrait penser qu’Agnès Jaoui n’a plus besoin d’être introduite. Elle sera présente le 12 octobre pour une soirée dédiée à l’Auditorium de Lyon avec une projection de son film Le Goût des autres, sorti en 2000. Pour vous préparer, L’Écornifleur vous a concocté une liste d’anecdotes pour mieux connaître la scénariste d’Un air de famille !
1. Elle a été l’une des premières femmes à intégrer Henri IV
Après une scolarité à l’école de la rue Buffon, elle rentre dès l’âge de 12 ans à Henri IV où elle suit ensuite une prépa lettres, également appelée Hypokhâgne. Elle fait alors partie des 60 premières filles à entrer dans le prestigieux lycée. Si elle raconte en garder un bon souvenir, elle témoigne au micro d’Ilana, dans le podcast À voix nue de France Culture, de la différence qu’elle a pu ressentir en étant issue d’une famille d’immigrées : « J’étais tout le temps à côté, à observer et à essayer de comprendre les comportements, aussi parce qu’ils me faisaient souffrir. »
Elle naît à Antony, le 19 octobre 1964, après que ses parents, juifs tunisiens, ont quitté le kibboutz où ils avaient vécu un an en Israël avant de rejoindre la France. Après être passée par Sarcelles, qu’elle se souvient d’avoir quittée en pleurant, elle déménage à Paris, où elle poursuit le reste de sa scolarité. Elle termine sa formation à l’école de théâtre des Amandiers de Patrice Chéreau, dont elle garde un souvenir amer.
2. Elle a fait un feat avec Francis Cabrel
Actrice, réalisatrice et scénariste, Agnès Jaoui a aussi endossé une casquette pour laquelle on la connaît moins, celle de chanteuse. Entrée au Conservatoire de musique en chant lyrique à 17 ans, elle se lance en solo quatre décennies plus tard. Son premier album Canta obtient la Victoire de la musique en 2007 pour le meilleur album de musique du monde.
Agnès Jaoui chante majoritairement en espagnol jusqu’à son dernier album, Attendre que le soleil revienne, sorti en 2024. Elle explique ce choix dans l’émission Basique par une certaine vulnérabilité quand elle chante en français : « Sur scène, en tant que chanteuse, je me sens beaucoup plus exposée qu’en tant qu’actrice ». L’unique chanson en espagnol de son dernier album est intitulée « Si tu me dices ven », en duo avec Francis Cabrel. Enregistré à Astaffort dans le Sud-Ouest, le fief de l’interprète de « La corrida », ce boléro est une reprise du groupe mythique Los Panchos.
3. C’est l’artiste féminine la plus récompensée aux César
Agnès Jaoui est la femme la plus césarisée de l’histoire de l’académie avec pas moins de sept trophées. Parmi eux, quatre sont des César du meilleur scénario, obtenus en duo avec Jean-Pierre Bacri : Smoking/No Smoking en 1994, Un air de famille en 1997, On connaît la chanson en 1998 et Le Goût des autres en 2000. Ce dernier est nommé dans neuf catégories différentes et gagne dans quatre d’entre elles, dont celle du meilleur film. Le Goût des autres est également en lice pour l’Oscar du meilleur film en langue étrangère. Sa carrière dans le septième art est récompensée par un César d’honneur en 2023. Remis par Jamel Debbouze, le discours de l’humoriste révèle une pudeur face à cet immense succès : « Vous savez où elle les met ses César chez elle ? Elle les cache ! »
4. Elle a eu des seins très tôt (et oui c’est pertinent !)
Ses seins, et ceux des autres, font l’objet d’un livre intitulé La taille de nos seins, illustré par Cécile Partouche. Dedans, elle revient sur son enfance de ses 7 à ses 11 ans, âge où elle a commencé à avoir de la poitrine et à voir le regard des hommes changer. Un livre intime et engagé où elle revendique une place que l’on ne saurait lui interdire : « Qu’ils restent entre eux, les misogynes et les extrémistes. »
Elle siège ensuite au conseil d’administration (CA) du collectif 50/50 qui œuvre pour la parité au cinéma, avant de le quitter après qu’une militante a accusé Juliette Favreul Renaud, productrice et membre du CA, d’agression sexuelle. Elle émet également des réserves envers le mouvement #Metoo, dans une leçon de cinéma donnée sur la chaîne Youtube Sooner : « Je trouve géniale la révolution #Metoo, mais quand d’un mouvement progressiste certains et certaines s’en emparent pour en faire un mouvement tyrannique […], quelque chose en moi se hérisse. »
Retrouvez Agnès Jaoui le 12 octobre à l’Auditorium de Lyon pour une projection du film Le Goût des autres et le 14 octobre pour une master class à 14h30 à l’Institut Lumière.
