Valentin Lungenstrass, tête de liste du 2e arrondissement pour l’Union de la Gauche et des Écologistes, poursuit la campagne de porte à porte avec ses militants. À 10 jours du premier tour, ils viennent défendre leurs idées en terrain hostile et tenter d’arracher la mairie à Pierre Oliver.
« On est la liste de l’Union de la Gauche et des Écologistes pour les municipales, vous pouvez nous ouvrir ? Non certainement pas. » Premier refus d’une longue liste pour Valentin Lungenstrass (Les Écologistes), candidat à la mairie du 2e arrondissement et Claire Goujet (Debout !), 6e de la liste d’union de la gauche. Le jeudi 5 mars, à J-10 avant le premier tour des élections municipales, les militants pour Grégory Doucet s’activent dans le 2e arrondissement, où ils ne partent pourtant pas favoris.
Élan d’espoir pour la gauche
Valentin Lungenstrass n’en est pas à son premier coup d’essai. En 2020, il avait obtenu plus de 23 % des voix contre Pierre Oliver, au premier tour, ce dernier ayant remporté la mairie avec plus de 55 % des suffrages au deuxième. « On fait campagne quel que soit le résultat à la fin », se rassure la tête de liste, également adjoint au maire en charge des espaces publics. « D’autant plus qu’avec la nouvelle loi Paris-Lyon-Marseille, chaque voix compte », ajoute-t-il. Cette réglementation permet désormais aux citoyens des trois villes de voter au suffrage universel direct pour le candidat à la mairie centrale.
À lire aussi : « Les municipales, ça vous parle ? » : la porte s’ouvre, les candidats ont dix secondes pour convaincre
Si les habitants encerclant la place de la République sont distants et parfois remontés contre les nouveaux aménagements réalisés durant le mandat par les Écologistes dont la zone à trafic limité en Presqu’île, Valentin Lungenstrass assure que la dynamique est de plus en plus favorable pour l’Union de la gauche. Notamment depuis la sous-performance de Jean-Michel Aulas lors du débat sur BFMTV le 24 février. Reste que la configuration politique, différente de 2020, n’est pas à l’avantage du camp de Grégory Doucet.
La géographie électorale du 2e
« Avant il y avait trois listes de droite, maintenant ils sont tous ensemble », affirme la tête de liste écologiste, en référence à Pierre Oliver, maire sortant et candidat sous la bannière Cœur Lyonnais, avec qui il insiste pour dire qu’il a de « bons rapports personnels ». Face à eux, aussi, Malika Benarab Attou (La France Insoumise).
Bastion historique de la droite depuis plus de 40 ans, les votes dans le 2e arrondissement, eux, varient selon la géographie. « À Confluence, on est plutôt bien reçus », confirment les militants de gauche, identifiant un public plus « populaire ». République et Jacobins, c’est un « quartier mixte », pour le candidat à la mairie du 2e qui reconnaît, ce soir-là, « Dans ce quartier, c’est plus difficile de passer l’étape de la porte ».

Si la zone Bellecour-Sala figure à la 7e place des quartiers les plus aisés de Lyon intra-muros, c’est dans le quartier d’Ainay que l’accueil est le plus hostile pour les Verts. « Ce quartier, c’est pire que tout », raconte une militante, qui recense « beaucoup de personnes âgées ». Aux élections législatives, les partis RN et Reconquête avaient tous deux obtenu plus de 5 % des voix. « C’est un quartier plutôt UDR », affirme un soutien, qui témoigne avoir vu le RN « en force » au marché de la place Carnot. Là-bas, les échanges peuvent être un peu vifs d’après Valentin Lungenstrass. Mais pour lui, pas question de se fier aux apparences, « on peut parfois avoir de bonnes surprises ».
En attendant, « Sur cet immeuble, c’est 0/10 », souffle Claire Goujet, qui note les maigres scores sur son téléphone. Elle relève les points géographiques où ils sont passés sur une application. « Des militants ont hâte que ça soit terminé », confie la candidate de Debout ! Dans le 2e, les troupes ne sont pas nombreuses. « Dans le groupe Whatsapp, on est 80. Dans celui du 3e, ils sont 280 ». Parmi eux, Sarah, qui travaille dans les ressources humaines, et Nicolas, professeur de lettres, donnent de leur temps pour la campagne. « Moi c’est surtout pour empêcher Pierre Oliver de repasser », atteste Sarah. Après deux heures d’action, les militants se séparent. « On remet ça demain », lance Claire Goujet.
