Sur les marchés, devant les bouches de métro et les lieux de passage… Les actions de terrain sont plus importantes que jamais pour récupérer des voix. Côté union de la gauche et des écologistes, le maire sortant, Grégory Doucet, s’affiche dans un coup de com’ aux côtés de Marine Tondelier, secrétaire nationale des Écologistes. Une manière aussi d’entretenir la flamme des militants dans la dernière ligne droite, avant le premier tour des municipales à Lyon.

Assis à une table en terrasse, place Guichard (3e arrondissement), quatre amis partagent un verre, lorsque Grégory Doucet et Marine Tondelier, accompagnés de flashs d’appareils photos et de micros tendus, leurs donnent un tract.
Ce jeudi 5 mars, dix jours avant le premier tour des municipales, la secrétaire nationale des Écologistes fait un arrêt à Lyon sur sa tournée des municipales. Dans une opération tractage en présence de la presse, Grégory Doucet, candidat à sa réélection à la mairie de Lyon se trouve sur le terrain avec Marie-Charlotte Garin, députée du Rhône et candidate aux Métropolitaines, et Marion Sessiecq, candidate pour le 3e arrondissement, et une trentaine de militants. Bain de foule assuré.
« Ça montre qu’ils sont proches des gens », en conclut un des amis. La nuit commence à tomber, lorsqu’une fanfare s’élance de la place, jusqu’au parvis Renée Richard. Quelques poignées de mains et autres selfies. Les lyonnais en terrasse semblent surpris, et parfois impressionnés, de voir les têtes de listes et la secrétaire nationale des Écologistes. Ou bien sont-ils gênés par la vingtaine de journalistes qui les entourent. Durant 30 minutes, ils distribuent des tracts, dans une marche assez rapide. Difficile d’entendre ce qu’ils disent aux Lyonnais, leurs voix sont couvertes par le son de l’orchestre.
Ces dix secondes d’interactions, aux allures de coup de communication, n’auront peut-être pas suffi à convaincre de voter pour Grégory Doucet, qui depuis quelques mois maintenant a entrepris de changer son image de maire déconnecté. Depuis le début de son mandat, on lui a reproché de ne pas être véritablement le maire de tous les Lyonnais. « Ça ne me fera pas changer mon vote », confie un passant, visiblement hostile aux écologistes. Un homme assis en terrasse, contrebalance : « Il doit bien faire sa campagne, c’est bien. »
“10 jours, c’est au moins deux actions par jour”

« C’est un soir un peu spécial parce qu’on est sur le terrain depuis déjà de nombreuses semaines. C’est aussi important de tous se retrouver et d’être sur un événement un peu fédérateur, explique Stéphanie, militante écologiste. C‘est un moment de convivialité et l’occasion de célébrer cette fin de campagne. »
Une demi-heure plus tard, la nuit est tombée, et le cortège arrive face à des chapiteaux spécialement montés. La suite du programme : une soirée autour d’un buffet, organisé pour les militants. Mais avant le cocktail et la musique, les journalistes ont dix minutes pour poser leurs questions. S’ensuivent des prises de parole chronométrées. Marine Tondelier, attendue au match de foot OL-Lens (dont elle est supportrice) au Groupama Stadium, lance juste avant de partir : « Soyez fiers de vos valeurs, soyez fiers de ce que vous faites. »
Les militants assis derrière les journalistes applaudissent, huent les adversaires, l’esprit de camaraderie est là. Doucet s’exclame: « Il va falloir faire au moins aussi bien, les attentes seront toujours aussi fortes. Je dis ça pour vous mettre un peu la pression mais en le disant je me la mets bien évidemment à moi aussi. »
« On est là, sur le terrain, tous les matins, tous les midis, tous les soirs, tous les week-ends, la nuit, et on parle aux gens », reprend Marion Sessiecq, faisant écho à Marie-Charlotte Garin : « Il nous reste 10 jours. 10 jours, franchement, c’est au moins deux actions par jour pour tout le monde. Une le matin, une le soir. On compte sur vous pour parler à tout le monde. Il nous reste encore de quoi convaincre. »
Une conversion de voix sur quatorze discussions
Selon le sociologue Julien Talpin, le démarchage permet de remporter une voix pour quatorze conversations. Au-delà des conversions de voix pour Doucet, le tractage permet également de récupérer des non-votants. « On s’aperçoit que les citoyens ne comprennent pas forcément très bien ces trois scrutins, on a besoin de beaucoup expliquer. L’idée c’est aussi de recréer du lien, d’engager quelques discussions », poursuit Stéphanie pour qui « le fait de faire du porte-à-porte, du tractage, c’est rappeler aussi qu’on a chacun et chacune un rôle à jouer dans la vie de la cité et que ça démarre aussi à l’échelle de son quartier ».
