ZOOM. Lors de la 18e édition du Festival Lumière qui se tiendra du 10 au 18 octobre, les Frères Coen recevront le Prix Lumière pour l’ensemble de leur carrière. L’occasion pour L’Écornifleur de partir à la rencontre des fratries célèbres du cinéma.

Les frères Lumière : les pionniers
Ce n’est pas pour rien qu’on dit que Lyon est la ville du cinéma. Sans Auguste et Louis, les célèbres Frères Lumière, pas sûr que nous puissions aller voir le dernier Avengers sur grand écran. Dans les années 1870, ces deux frères français, fils d’un photographe, rêvent d’inventions dès leur plus jeune âge au Lycée de la Martinière à Lyon. Suivant les travaux de Thomas Edison sur le Kinétoscope permettant d’enregistrer des images puis de les visionner, les Frères Lumière réfléchissent à une méthode d’agrandissement de l’image afin de rendre le visionnage collectif.
C’est donc le 28 décembre 1895 qu’a lieu la première projection publique de dix courts-métrages au sous-sol d’un café à Paris. Ce jour-là, 33 spectateurs font le déplacement et achètent leur place 1 franc pour visionner La sortie de l’usine Lumière à Lyon. Bien que l’invention revienne à Louis, le cadet, les deux frères signent ensemble tous leurs travaux. Une relation fusionnelle qui ira même jusqu’à épouser deux sœurs et habiter dans des appartements symétriques dans la même villa.
Les Frères Dardenne : les engagés
Cette dynamique de création à quatre mains amenée par les Frères Lumière, a été reprise puis appropriée par un autre duo emblématique de réalisateurs, les Frères Dardenne.
« Nos films sont des fables socio-économiques » confiait Luc Dardenne lors d’une interview à la CFDT en 2014. Avec son frère Jean-Pierre, ces deux réalisateurs, scénaristes et producteurs belges sont devenus des références en termes de cinéma social. En débutant laborieusement par les documentaires dans les années 1970, le duo décide finalement de s’orienter vers la fiction au début des années 1990. On leur doit notamment La Promesse sorti en 1996 et Rosetta sorti trois ans plus tard.
Avec un style épuré qui leur est propre, ils utilisent le plan séquence afin de capter le réel. C’est pourquoi on parle souvent de cinéma humain et social. La quête des Dardenne est de montrer la vérité humaine, où le héros peut être capable du pire. Leur travail d’équipe est récompensé deux fois par la Palme d’Or du Festival de Cannes, en 1999 puis en 2005, et par le prix Lumière en 2020.
Les Frères Coen : les maestros de l’humour noir
Souvent surnommés « le réalisateur à 2 têtes », Joel et Ethan Coen ont pourtant bien réparti le travail : Joel s’occupe de la réalisation et Ethan de la production. Leur credo est simple : mettre à l’honneur les classiques américains avec une touche d’humour noir et de modernité. Ils ont pu notamment s’essayer au western ou au thriller mais c’est dans la comédie que les deux frères excellent.
Avec Fargo en 1996 et The Big Lebowski en 1998, les deux frères mettent fin à une période d’échecs au box-office et ont enfin trouvé la recette magique d’un film « à la Coen » : de l’absurde, de la corruption, du crime et de l’argent.
Il sera notamment possible de voir ou de revoir leurs plus grands classiques lors de la Nuit Géante Coen, le samedi 17 octobre à 20h45 à la Halle Tony Garnier. Au programme de cette rétrospective : Fargo, No Country For Old Men, Arizona Junior et Burn After Reading.
Les sœurs Wachowski : les révolutionnaires
Lana et Lilly Wachowski, prénommées Laurence et Andrew avant leur transition respective en 2010 et 2016, ont apporté une vague futuriste et engagée à la science-fiction américaine à la fin des années 1990.
À l’évocation de leur nom, on pense immédiatement à la saga Matrix sortie en 1999, à V pour Vendetta, ou plus récemment à la série Sense8. Leurs films, elles les voient comme des expressions de leur identité. Avec des thèmes récurrents comme l’anticapitalisme, la justice raciale ou la transidentité, les sœurs Wachowski font entrer le spectateur dans leur esprit visionnaire et avant-gardiste.
Si les deux sœurs ont toujours travaillé main dans la main, c’est à partir de 2016 qu’elles décident de travailler chacune de leur côté. Ainsi, au fil des siècles, les collaborations familiales cinématographiques n’ont cessé de se réinventer que ce soit à travers des univers artistiques différents ou une répartition des rôles plus ou moins définie.
