Du 10 au 18 octobre, Lyon célébrait le cinéma à l’occasion du Festival Lumière malgré le durcissement des restrictions sanitaires. La rédaction de l’Ecornifleur revient sur ce qu’il ne fallait pas rater de la 12e édition.

Dimanche s’achevait une 12e édition du Festival Lumière très spéciale. Ces neuf jours de fête du cinéma ont été bouleversés par l’annonce du placement de la métropole de Lyon en zone rouge écarlate juste avant le début du festival. L’évènement s’est maintenu et les organisateur·trices ont redoublé d’efforts pour distribuer masques et gel hydroalcoolique. Dans le respect des restrictions sanitaires, les projections à la Halle Tony Garnier n’ont accueilli que 1000 spectateurs, contre 4 500 normalement. Malgré les circonstances, 190 films ont été projetés et 424 séances ont pu avoir lieu.

La séance de clôture du festival a également été chamboulée par l’annonce du couvre-feu. Pour les 20 ans de In the Mood for Love, la version restaurée en 4k devait être projetée à l’Institut Lumière à 19h30. Mais le film de Wong Kar-Wai, qui dure plus d’une heure et demie, ne permettait pas aux spectateurs de rentrer chez eux avant 21h. Il a donc été remplacé par le nouveau court métrage de Pedro Almodovar, The Human Voice, projeté au Pathé Bellecour.

Des films européens et nord-américains à l’honneur

La remise du Prix Lumière, elle, a bien eu lieu. Les frères Jean-Pierre et Jean-Luc Dardenne sont les lauréats de cette 12e édition. L’occasion de (re)découvrir leurs long-métrages les plus emblématiques du cinéma social, un genre engagé auprès des déclassés mais qui est paradoxalement critiqué pour son élitisme.

Le festival a programmé une majorité de réalisateur·trices européens et nord-américains. Parmi eux, Oliver Stone qui a présenté une version remasterisée de son grand succès Né un 4 juillet, ainsi que son autobiographie, A la recherche de la lumière. Autre invitée d’honneur : Alice Rohrwacher, une réalisatrice phare du cinéma d’auteur italien qui s’intéresse notamment à la question religieuse dans Corpo Celeste, à découvrir d’urgence.

Le festival Lumière 2020 rendait également hommage à deux figures rebelles du 7e art pour les 100 ans de leur naissance : l’actrice puis femme politique, Melina Mercouri, et le dialoguiste puis réalisateur Michel Audiard.

800 bénévoles mobilisés

Malgré les restrictions sanitaires, des sorties scolaires ont permis à des lycéen·nes de découvrir de nombreux classiques, notamment le Journal d’Anne Frank de George Stevens.

Dans un univers plus enfantin, le célèbre studio Ghibli présentait Aya et la sorcière en avant-première mondiale , durant le festival. Réalisé en 3D par Goro Miyazaki, le fils du célèbre Hayao Miyazaki, le film a déçu par la qualité de ses graphismes et sa faiblesse scénaristique.

La bonne tenue du festival a été permise par 800 bénévoles, étudiant·es ou retraité·es, passionné·es qui font vivre le 7e art. A toutes et tous merci !

Clap de fin pour le festival mais également pour la rédaction de l’Ecornifleur qui quitte les terres lyonnaises pour de nouvelles aventures parisiennes. Nous garderons toujours dans notre cœur ce petit animal touffu avec son long nez renifleur. A la nouvelle génération de reprendre le flambeau qu’elle saura sans aucun doute honorer avec brio !