La Halle Tony Garnier accueillait jeudi 16 octobre la projection d’Astérix et Obélix : mission Cléopâtre dans le cadre du festival Lumière. Sans doute l’événement le plus attendu de la semaine, il a rassemblé autour de 5 000 personnes dans une ambiance déjantée et bon enfant. Alain Chabat, Monica Bellucci et Gérard Darmon sont venus saluer les fans avant que l’écran ne laisse place à la plus culte des comédies françaises contemporaines. L’Ecornifleur s’est glissé dans la salle. Reportage.

Les trois compères sont apparus sur scène aussi complices que dans le film, se taquinant volontiers et échangeant quelques blagues. Chabat n’ayant pas pu éviter de spoiler qu’il « finit ensemble avec Monica » Darmon lui réplique du tac au tac : « T’as niqué la fin déjà ! » « Si tout le monde dans la salle a déjà vu le film, on va passer à autre chose » enchaîne-t-il goguenard.

Souvenirs d’un plateau où l’on rigolait beaucoup, « tellement que parfois on ne pouvait plus tourner », révèle Monica. « Qu’est ce qu’il faisait chaud » se remémore Gérard Darmon, « jusqu’à 52 degrés parfois à Ouarzazate, c’était vraiment pénible avec les bijoux d’Amonbofis. » « Jamel [Debbouze] et moi on sautait dans une jeep les cheveux au vent après le tournage et on rigolait bien » ajoute-t-il. Monica Bellucci, en aparté, a tenu à remercier Alain Chabat, la France, mais aussi Lyon et Thierry Frémaux, le directeur du festival.

Celui-ci en a profité pour rendre un hommage appuyé à Chabat et au film culte qu’Astérix est devenu. Les spectateurs ont pu découvrir ou redécouvrir les plus célèbres sketchs des Nuls, le trio comique qui l’a rendu célèbre, comme Toniglandyl ou La Carioca. C’était après tout le thème de la soirée : « la fête à Chabat » – et c’est lui qui a fait lever toute la salle.

Alain Chabat signe un autographe à un fan
© Théophile Blondy-Dupraz

Le réalisateur, scénariste et comédien du 7e plus gros succès du box-office français est revenu sur les arcanes du film et ses sources d’inspiration. L’occasion de confier son attachement pour l’oeuvre originale et ses créateurs, Uderzo et Goscinny. « Les BD sont une source d’inspiration incroyable que l’on peut lire à tous les âges en découvrant à chaque fois quelque chose de nouveau. »

Le film est fait de la même façon : différents niveaux de lecture, multiplicité des références et des clins d’oeil. Il suffit simplement de regarder le nom des personnages, qui est certainement la source la plus riche, comme dans les albums, pour s’en apercevoir. J’en ai moi-même trouvé un nouveau, le nom du bateau qui les emmène en Egypte : Napadélis (n’a pas d’hélices). C’est aussi l’avis de Jean-François, un spectateur pourtant venu presque à contrecœur, qui en sortant ne tarissait plus d’éloges à propos du film et du génie de son auteur. Pour lui, Chabat a inscrit son oeuvre dans l’Histoire et s’est fait la mémoire de son époque, par toutes les références qu’il a disséminées mais aussi en ayant la chance de tourner avec énormément de grands noms du cinéma français d’alors.

Une chose est sûre : 17 ans plus tard, Astérix et Obélix : mission Cléopâtre attire et fait rire plus que jamais, au point que tous dans la halle bondée ont eu le douteux privilège d’entendre leurs voisins souffler, ou carrément hurler, les répliques cultes.

Théophile Blondy-Dupraz