À l’occasion du Festival Lumière, le monde du septième art se réunit à Lyon. Alors que les passionnés du box-office se précipitent dans les grandes salles de l’UGC ou du Pathé Gaumont, subsiste sur les hauteurs de la ville un des derniers vidéo-club, où quelques irréductibles lyonnais regardent encore des DVD.

Le comptoir de l’Aquarium ciné-café où les clients viennent louer leurs DVD. ©Théophile Magoria

Une lumière tamisée laissant apparaître une longue toile blanche, de larges et moelleux canapés rouges en tissu et quelques dizaines de DVD accrochés au mur, le décor est planté. 

C’est dans cette ambiance feutrée que Clément, l’une des quatre têtes à l’initiative du projet, nous ouvre les portes de l’Aquarium ciné-café, un lieu associatif situé à quelques pas de la place de la Croix Rousse. 

Un lieu incontournable du quartier 

Ciné club, vidéothèque, atelier cinéma et café, l’Aquarium est tout à la fois. Ouvert la journée, l’endroit se transforme en vidéo-club où chacun peut venir louer les dernières nouveautés du mois ou s’adonner à emprunter les classiques du cinéma contemporain, de Hitchcock à Nolan. Clément en est convaincu. Tant que les lecteurs CD existeront, le monde du DVD subsistera : “Les gens du quartier viennent chez nous parce qu’ils sont attachés au support. Puis, le DVD c’est top parce que c’est le premier format où le film est disponible après le cinéma, au bout de quatre mois”, lance ce dernier. 

La salle de cinéma du lieu associatif où tous les films sont projetés. ©Théophile Magoria

Avec l’avènement des plateformes de streaming et des bouquets payants, le prêt physique et les locations de DVD tendent à disparaître. L’heure est au dématérialisé avec des services de VOD qui proposent toujours plus des films disponibles pour une durée limitée sur leurs plateformes. Pourtant l’Aquarium préfère nager à contre courant en s’appuyant sur un catalogue physique de plus de 10 000 références. 

Pour autant, selon Clément, les plateformes de streaming jouissent d’un succès réel sans mettre à mal le cinéma : “Ce n’est pas du tout la même expérience. C’est comme la musique, tu as beau écouter l’album de ton groupe préféré, c’est toujours mieux de le voir en concert. Pour les films, c’est la même chose”, ajoute le jeune cinéphile.

Des conseils avisés, plutôt que des algorithmes de recommandations 

Depuis 2016, nombreux sont les clients de l’Aquarium à avoir demander conseil à l’équipe du ciné-club pour choisir leur film. Ce jour-là, Jean François, un habitué des lieux, hésite entre Benni, un film allemand sorti cette année et Kill Chain un des derniers film de Nicolas Cage, qu’il finira par prendre sur recommandation de Clément. “Je ne vois pas l’intérêt de regarder les films sur Netflix, à part pour consommer des séries frénétiquement le dimanche. Ici, on a accès à des meilleures films et des bons conseils”, rétorque-t-il.

Patrice et ses enfants louant leur film hebdomadaire qu’ils regardent tous les mercredis en famille. ©Théophile Magoria

De son côté Patrice, un autre client de l’Aquarium, confie qu’il vient louer au moins un film par semaine, avec ses enfants : “C’est le rendez-vous du mercredi. On connaît les lieux parce que notre petit garçon a suivi des ateliers cinéma ici. De fil en aiguille on est revenu. On y est toujours bien conseillé et les enfants adorent”. Preuve que le DVD n’a pas encore dit son dernier mot, même en 2020.